| La précaution inutile |
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ou Le Barbier de Séville
de BEAUMARCHAIS
mise en scène : Laurent Hatat
Château-Gontier 25 janvier 2011Le Carré (Scène Nationale)
Epernay 1er février 2011Le Salmanazar
Saint-Cloud 3 février 2011 Centre Culturel Les Trois Pierrots
Compiègne 8 février 2011 L’Espace Jean Legendre
Noyon 13 février 2011 Théâtre du Chevalet
Tulle 15 et 16 mars 2011 Les Sept Collines
Saint-Junien 18 mars 2011 Pôle Culturel La Mégisserie
Briey 24 et 25 mars 2011 Communauté de Communes du Pays de Briey
Istres 29 mars 2011 Théâtre de l’Olivier
Vienne 31 mars et 1er avril 2011 Théâtre de Vienne
Fougères 5 avril 2011 Centre Culturel Juliette Drouet (Théâtre Victor Hugo)
Bruz 14 et 15 avril 2011 Le Grand Logis
Verdun 19 et 20 avril 2011 Les Transversales
Lunéville 22 avril 2011 La Méridienne
Le Perreux 28 avril 2011 Le Centre des Bords de Marne
Creil 4 et 5 mai 2011 La Faïencerie
Aubervilliers 10 au 13 mai 2011 Théâtre de la Commune
« Un vieillard amoureux prétend épouser demain sa pupille ; un jeune amant plus adroit le prévient, et ce jour même, en fait sa femme à la barbe et dans la maison du tuteur. Voilà le fond dont on eût pu faire, avec un égal succès, une tragédie, une comédie, un drame, un opéra, etc » - dixit Beaumarchais. Prenons-le au mot ! Tentons alors, comme dirait Lessing, une « comédie authentique », celle qui nous fait rire mais nous effraie aussi par la cruauté ordinaire qu'elle met en jeux. De Lessing à Beaumarchais J'ai décidé de mettre en scène début 2010 La précaution inutile d'après Le Barbier de Séville de Beaumarchais. C'est fort de ce travail en compagnie de Lessing, d'une richesse et d'un enseignement qui ont éclairé toutes les étapes de la création de Nathan…, que je me tourne vers une comédie de Beaumarchais. La passion du drame, voilà le trait d’union entre ces deux contemporains si différents en apparence. Et Lessing, et Beaumarchais se reconnaissent en Diderot et sa révolution du « genre sérieux ». Sous cet éclairage, cette « comédie gaie » luit d’un éclat particulier. Elle ressemble à un esquif d’une étonnante légèreté à la croisée de courants contradictoires : tourmentée entre la trépidante poussée émancipatrice des Lumières et le mainstream conformiste des rôles sociaux, de la machine comique. La question de la « place de l’autre », essentielle dans mon travail de mise en scène, s’y inscrit et dans la forme et dans le fond. C’est une comédie en tension, entre l’insolence, la gaieté, la richesse de ses personnages hors-norme et une violence des rapports humains, des réalités sociales. La violence d’une lutte pour l’émancipation, pourtant vouée à l’échec. Je veux rendre au plateau la possible modernité du Barbier… Celle d’une ambigüité fort contemporaine, le double langage des puissants sous le masque du plaisir ; le jeu de dupe d’une promesse d’émancipation toujours réaffirmée et jamais tenue. Un monde où Figaro ne peut que redevenir domestique et où Rosine n’existe que comme épouse. Un monde pas si lointain. Je souhaite aborder le Barbier… comme le témoignage explicite d’une société clivée, retrouver la densité charnelle des personnages et goûter au plaisir désenchanté de la musicalité de l’œuvre. Aussi, nous ferons la part belle à sa formidable gaité. La musique, outil premier de sa séduction, jouera pleinement son rôle. La présence d’instruments au plateau semble une évidence : j’ai proposé à Frédéric Tentelier d’écrire une partition nouvelle pour ce nouveau Barbier… Sur scène, on retrouvera notamment Azeddine Benamara, Daniel Delabesse, Mounya Boudiaf (tous trois à l'affiche dans Nathan le sage) et Denis Eyriey (cf Dissident, il va sans dire).
Laurent hatat
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Crédit Photo : Eric Legrand